1. Rappelez-vous la démarche politique initiale
Un schéma directeur numérique ne part jamais de zéro : il doit s’ancrer dans le projet de mandat, la feuille de route de l'exécutif, et – plus rarement – les COP ou orientations votées par le conseil. Or, trop de collectivités confinent la réflexion initiale au seul prisme « DSI » ou laissent le dialogue avec les élus en surface (priorités générales peu traduites opérationnellement).
- Cartographier les engagements clés : Lister les 10 à 20 priorités du mandat (ex : « simplification de la relation usager », « transition écologique », « inclusion et citoyenneté », « attractivité du territoire », etc.)
- Évaluer le numérique comme levier : Sur chaque engagement, poser explicitement la question : quels apports du numérique (gain de temps, nouveaux services, inclusion...)? Quelles limites ou précautions éthiques ?
- Associer les élus « terrain » : Impliquer non seulement les élus délégués au numérique, mais aussi ceux chargés des politiques sociales, santé, éducation, mobilité, participation, pour garantir une lecture transversale.
2. Transformer les objectifs généraux en enjeux concrets du schéma
C’est le passage le plus délicat : traduire des ambitions politiques souvent larges (ex : « mieux répondre aux attentes des jeunes ») en scénarios d’usages, projets numériques, logiciels ou actions de terrain.
- Organiser des ateliers de cadrage : Rassembler agents, décideurs et partenaires autour de cartes d’expérience usager, de parcours « avant/après » les projets numériques, pour identifier où le numérique peut transformer.
- Adopter la logique « impact » : Chaque grande orientation du schéma directeur doit répondre explicitement à une ou plusieurs ambitions du mandat, au travers d’indicateurs, d’exemples de réalisations attendues, ou de projets pilotes.
- Hiérarchiser : Certains axes politiques peuvent nécessiter des résultats rapides pour montrer des effets du mandat, d’autres s’inscriront dans des transformations plus longues.
3. Planifier, modéliser et évaluer en continu
Un schéma directeur aligné ne se contente pas d’objectifs : il pose des jalons clairs, distingue les chantiers de « fondation » (réseau, interopérabilité, sécurité, RGPD) des projets « transverses » (démarches en ligne, outils d’accompagnement des publics, innovations sur les données publiques, etc.) et évalue les progrès réalisés chaque année, en lien avec le pilotage politique du mandat.
- Instaurer des revues régulières : Par exemple, un « rapport d’étape » du schéma à mi-mandat ou chaque année, débattu en bureau des élus.
- Objectiver les apports : Indicateurs d’usage, qualité perçue par les usagers, analyse de l’impact social/environnemental.
- Réactualiser au fil de l’eau : Adaptation du schéma lors de grands événements (crise sanitaire, nouvelles lois, évolutions des besoins citoyens).