1. Clarifier et contractualiser les rôles
La réussite d'une mutualisation passe souvent par l’établissement d’une charte ou convention détaillée. Celle-ci doit expliciter le qui-fait-quoi, les règles de prise de décision, la réversibilité (sortie possible d’un partenaire), les modalités d’arbitrage en cas de désaccord. Les “pactes de gouvernance” sont de plus en plus plébiscités, comme le recommande la Cour des Comptes.
2. Faire vivre l’instance de pilotage
Créer un comité stratégique composé d’élus et de DSI / référents numériques permet d’articuler la vision politique et la technicité. Certains territoires s’appuient sur un double niveau :
- Un collège “décideurs” : élus référents, DGS, DSI
- Un collège d’utilisateurs ou de métiers (agents, techniciens, responsables de services)
Le Forum National de la Gestion Publique territoriale (FNCDG) recommande une animation structurée (réunions régulières, ordres du jour clairs, publication de comptes rendus, évaluation annuelle des décisions stratégiques).
3. Miser sur l’interopérabilité et la transparence
L'ouverture des données, la mutualisation de plateformes ou de systèmes d’information ne réussissent que si l’on garantit l’interopérabilité technique (API, référentiels communs, etc.), la documentation partagée et la transparence dans la gestion des évolutions. Côté exemples :
- Le Syndicat Intercommunal Informatique de la Région de Vendée (SIIRV) publie en open source la documentation technique de ses plateformes mutualisées (siirv.fr).
- Le GIP SNDGCT propose un centre de ressources sur la standardisation des flux de données entre collectivités (source : sndgct.fr).
L’interopérabilité, clef pour éviter l’enfermement propriétaire et garantir l’évolutivité.
4. Placer l’utilisateur final au cœur de la gouvernance
L’évaluation régulière de la satisfaction des usagers (agents, citoyens, entreprises), à travers des enquêtes, ateliers de co-design ou outils collaboratifs, permet de réajuster l’offre et de cultiver un sentiment d’appartenance commun. Par exemple, la région Bretagne a conçu la plateforme MesServices.bzh en associant près de 400 agents et représentants des citoyens dans la gouvernance opérationnelle (source : messervices.bzh).
5. Sécuriser et équilibrer le volet financier
Le partage des coûts, le mode de financement (subventions croisées, conventionnements forfaitaires, tarification à l’usage) et la gestion de l’investissement initial vs. fonctionnement doivent être transparents et adaptés à la capacité de chaque collectivité partenaire. La Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) préconise le principe du “contrat multi-niveaux” pour articuler les apports et soutiens différenciés.
6. Anticiper les crises et la réversibilité
La gouvernance doit prévoir la gestion des situations exceptionnelles : cyberattaque, défaillance d’un des partenaires, conflit juridique. Le “Plan de Continuité d’Activité mutualisé” est un outil-clé, encore trop peu systématique (AdCF, 2022). Prendre en compte la réversibilité (sortie possible sans perte de données ni de moyens) reste un critère sous-estimé mais fondamental.