La gouvernance numérique dans une collectivité ne recoupe pas simplement les enjeux privés—elle s’en distingue par trois défis majeurs :
Souveraineté numérique et dépendance aux grands acteurs
Le constat : la majorité des collectivités utilisent des solutions majoritairement américaines pour les emails, le cloud ou la gestion documentaire (CNIL), créant une dépendance technique et juridique (Cloud Act américain, hébergement des données hors UE). Les initiatives croissantes autour du logiciel libre ou du cloud de confiance, incarnées par la DINUM et la doctrine « Cloud au centre », cherchent à y répondre, mais seulement 23 % des collectivités françaises se disent « matures » sur le sujet (Source : Enquête Capgemini pour la DINUM, 2023).
Inclusion numérique : l’importance de la médiation et de l’accessibilité
Selon l’INSEE, 14 millions de Français se trouvent en difficulté avec le numérique (INSEE, 2022), ce qui complexifie la dématérialisation. La gouvernance numérique impose donc que chaque politique d’e-administration intègre une dimension d’accessibilité, de place des aidants, de médiation (enjeux portés par le réseau des “Conseillers numériques France Services”).
La sobriété numérique : mesurer et limiter l’empreinte écologique
Le numérique des collectivités représente environ 2 % de la consommation énergétique totale du secteur public français (ADEME, 2021), sans compter la fabrication et la fin de vie des équipements. La gouvernance s’empare désormais de cet enjeu en adoptant des chartes « d’achats responsables », des plans de mutualisation des ressources ou des politiques d’optimisation des infrastructures numériques.