Des réalités multiples, une même philosophie
Mutualiser, c’est d’abord “faire ensemble ce que chacun aurait dû faire seul”. Dans le champ du numérique territorial, la mutualisation peut concerner :
- le partage d’infrastructures (centres de données, réseaux fibre optique, hébergement mutualisé),
- la conception ou l’achat groupé de solutions logicielles (gestion des actes administratifs, plateformes citoyennes, gestion de l’état-civil, portail usagères, open data…),
- la création de structures communes (syndicats mixtes d’informatisation, groupements d’intérêt public),
- le partage d’équipes et de compétences (DPO mutualisé, cellule de cybersécurité intercommunale, équipe-projet numérique…),
- le développement de référentiels et standards communs (interopérabilité des données, open source, sécurité).
L’objectif est multiple : augmenter la capacité d’innovation, améliorer la qualité des services publics, maîtriser les coûts, sécuriser la donnée publique, tout en favorisant l’émergence d’une culture collective du numérique.
Un mouvement massif et structurant
D’après l’Observatoire Data Publica 2023, plus de 60 % des collectivités françaises de plus de 5 000 habitants participent à au moins une initiative numérique mutualisée, que ce soit au sein d’intercommunalités, de syndicats mixtes ou sous la forme d’achats groupés (source : data.gouv.fr). En Nouvelle-Aquitaine par exemple, le syndicat Soluris fédère plus de 350 structures territoriales autour de projets communs, de la fibre optique à la cybersécurité.
Au niveau national, la DINUM encourage activement la réutilisation d’outils libres et la co-construction de plateformes, via des dispositifs comme “Territoires Numériques Libres” ou “FranceConnect” (source : DINUM, rapport 2022). Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique européenne : en Espagne, le projet “Red.es” structure la mutualisation informatique pour les régions, tandis que l’Allemagne a adopté le “Onlinezugangsgesetz”, loi qui pousse la numérisation groupée des services publics.