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Akim Oural : Son parcours, ses combats, ses ambitions !

Maire-adjoint de Lille en charge de l’Economie numérique, conseiller de la Métropole, Akim Oural est l’auteur de nombreux rapports sur la place du numérique dans la société. Ardent défenseur de l’intérêt général et d’un usage éthique des technologies. Cet enfant de Lille partage avec nous sa vision pour les territoires, autour des relations nouvelles qui émergent entre les citoyens, la puissance publique et le digital.


Akim Oural - Crédit Photo : French Tech Lille

Vous faites partie de la génération qui a découvert l’informatique à la fin des années 80. Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec ces technologies ? 


Ma première découverte de l’informatique remonte à 1986. Mon frère, qui était entré à l’Ecole des Mines, travaillait sur un Oric 1, l’un des premiers ordinateurs grand public. Pour moi, ce fut un choc : un monde de possibles s’ouvrait à moi ! J’apprenais à coder en cachette le soir, et en troisième, j’ai créé le premier club informatique de mon collège. Comme une grande partie de ma génération, j’étais imprégné de la culture Geek, sur fond de Wargame.


A cette époque, vous avez aussi découvert l’engagement citoyen. Comment celui-ci est-il progressivement devenu indissociable de l’informatique ?


A l’âge de douze ans, j’ai intégré le premier Conseil Municipal des Jeunes de la Ville de Hellemmes puis j’ai participé aux Etats-Généraux des Droits de l’Enfant ainsi qu’à des campagnes de sensibilisation contre l’Apartheid. L’engagement citoyen est devenu rapidement ma seconde passion, me donnant accès, tout comme l’informatique, à un monde incroyable de possibilités. A 17 ans, j’ai même eu l’honneur d’être invité par François Mitterrand à la visite de Nelson Mandela à l’Elysée, parmi de nombreuses personnalités. Puis en 1997, j’ai créé un forum sur la citoyenneté européenne sur Compuserve, qui m’a permis de mettre en relation des jeunes de différents horizons, dans toute l’Europe.


Crédit Photo : La Voix Du Nord

En développant une nouvelle forme de collaboration, le numérique prenait tout son sens dans la relation à l’intérêt général. Il touchait des jeunes très éloignés du « système », en mode

« je participe ».


J’ai alors eu l’idée de créer l’association Actions Jeunes Europe, dont l’objectif était de poser une pierre dans la construction d’une citoyenneté européenne.


Le réseau a accueilli près de 1 000 jeunes et permis de rédiger une Charte du Jeune Citoyen Européen. Avec le soutien de Lionel Jospin et Pierre Moscovici, nous avons organisé, à l’occasion de la présidence de l’Europe par la France, un mémorable « 2 Juillet, place de la République ». Au fil de ce parcours, j’ai compris à quel point le numérique constituait un formidable outil au service de nouvelles formes de citoyenneté, qui devaient impérativement être encouragées.


En 2008 , Martine Aubry m'a confié la présidence du quartier des Bois-Blancs qui allait non seulement accueillir Euratechnologies mais aussi le premier quartier écodurable français, et c'est à moment que j'ai pu être un des temoins privilégiés des synergies entre développement local et innovation technologique. 


Après un travail sur les quartiers numériques avec Fleur Pellerin en 2012, j’ai été nommé au sein du Conseil National du Numérique pour travailler sur la question des territoires puis, au nouveau Comité National « France Très Haut Débit », afin de favoriser, entre autres, la résorption des zones blanches.



En développant une nouvelle forme de collaboration, le numérique prenait tout son sens dans la relation à l’intérêt général. Il touchait des jeunes très éloignés du « système », en mode

« je participe ».


J’ai alors eu l’idée de créer l’association Actions Jeunes Europe, dont l’objectif était de poser une pierre dans la construction d’une citoyenneté européenne.


Le réseau a accueilli près de 1 000 jeunes et permis de rédiger une Charte du Jeune Citoyen Européen. Avec le soutien de Lionel Jospin et Pierre Moscovici, nous avons organisé, à l’occasion de la présidence de l’Europe par la France, un mémorable « 2 Juillet, place de la République ». Au fil de ce parcours, j’ai compris à quel point le numérique constituait un formidable outil au service de nouvelles formes de citoyenneté, qui devaient impérativement être encouragées.


En 2008 , Martine Aubry m'a confié la présidence du quartier des Bois-Blancs qui allait non seulement accueillir Euratechnologies mais aussi le premier quartier écodurable français, et c'est à moment que j'ai pu être un des temoins privilégiés des synergies entre développement local et innovation technologique. 


Après un travail sur les quartiers numériques avec Fleur Pellerin en 2012, j’ai été nommé au sein du Conseil National du Numérique pour travailler sur la question des territoires puis, au nouveau Comité National « France Très Haut Débit », afin de favoriser, entre autres, la résorption des zones blanches.


Lille et sa métropole ont joué un rôle de précurseur dans la transformation numérique...  


En effet. Nous le devons notamment à des personnes comme Pierre de Saintignon, qui nous a malheureusement quitté, il y a 1 an.


En ayant compris très tôt, aux côtés de Martine Aubry, que le numérique allait permettre à une nouvelle économie d’émerger, il a été l’un des acteurs de la renaissance du territoire des Hauts de France, très fortement marqué par les ruptures industrielles du secteur des mines et du textile. Euratechnologies, lieu de convergence de cette nouvelle économie, constitue un symbole fort de cette transition. Installé au cœur d’un quartier « politique de la ville », dans un site historique de l’industrie textile, l’incubateur accueille aujourd’hui 400 entreprises et regroupe 4 000 emplois


.A l’époque, ce site, incarnait un concept inédit, dont l’originalité avait immédiatement séduit Fleur Pellerin, qui s’en était inspirée pour le dupliquer à travers les quartiers numériques. Le modèle combine une série d’éléments permettant d’envisager toute la chaîne de valeurs : un bâtiment totem accueillant des entreprises innovantes et des outils pour accompagner leur développement ; un lien à la recherche académique afin d’encourager l’innovation, mais aussi l’initiative publique, qui embarque le secteur privé dans une dynamique d’excellence, avec l’objectif de préparer l’emploi. Repris dans une visée internationale, ce modèle donnera naissance à la French Tech.


Lille et sa métropole ont joué un rôle de précurseur dans la transformation numérique...  


En effet. Nous le devons notamment à des personnes comme Pierre de Saintignon, qui nous a malheureusement quitté, il y a 1 an.


En ayant compris très tôt, aux côtés de Martine Aubry, que le numérique allait permettre à une nouvelle économie d’émerger, il a été l’un des acteurs de la renaissance du territoire des Hauts de France, très fortement marqué par les ruptures industrielles du secteur des mines et du textile. Euratechnologies, lieu de convergence de cette nouvelle économie, constitue un symbole fort de cette transition. Installé au cœur d’un quartier « politique de la ville », dans un site historique de l’industrie textile, l’incubateur accueille aujourd’hui 400 entreprises et regroupe 4 000 emplois


.A l’époque, ce site, incarnait un concept inédit, dont l’originalité avait immédiatement séduit Fleur Pellerin, qui s’en était inspirée pour le dupliquer à travers les quartiers numériques. Le modèle combine une série d’éléments permettant d’envisager toute la chaîne de valeurs : un bâtiment totem accueillant des entreprises innovantes et des outils pour accompagner leur développement ; un lien à la recherche académique afin d’encourager l’innovation, mais aussi l’initiative publique, qui embarque le secteur privé dans une dynamique d’excellence, avec l’objectif de préparer l’emploi. Repris dans une visée internationale, ce modèle donnera naissance à la French Tech.


La révolution numérique suscite de nombreuses craintes en termes d’emploi. Selon vous, peut-elle aussi constituer une opportunité ?


Bien sûr. La grande chance qu’offre le numérique, c’est de pouvoir se former à l’instant « T », et à tout âge, car tout change très vite.  Lorsque nous avons inauguré Euratechnologies en 2009, nous avons créé l’Académie européenne d’excellence afin d’accompagner des jeunes non diplômés dans une formation certifiante de six mois, permettant de diversifier les profils.Toutefois, si le numérique est porteur de formidables potentiels, il comporte aussi des risques, comme on peut l’observer à travers les problématiques de protection des salariés dans l’économie de plate-forme. Il est important de nous emparer de ces sujets, sans attendre que les plates-formes nous supplantent. Nous devons nous adapter en inventant notre propre approche, toujours avec la vision de l’intérêt général.


Quels sont les points de vigilance en matière numérique ?


A mon sens, la sécurité constitue un enjeu majeur. Il est important de former les usagers, pour une meilleure  confiance numérique – c’est tout l’objet du futur Campus Cyber, projet impulsé par le gouvernement et destiné à fédérer et faire rayonner l’écosystème de la cybersécurité. Le deuxième grand enjeu actuel porte sur la question environnementale avec d’une part, la lutte contre l’obsolescence programmée, et d’autre part, la nécessité de traçabilité de la chaîne globale de production. L’extraction des métaux rares par les grands groupes internationaux génère d’importants impacts environnementaux, mais aussi de terribles souffrances humaines.*** 


Pourtant, sans ces métaux, pas de lasers infrarouges ou à rayons X, ni de panneaux photovoltaïques… Grâce à l’yttrium, par exemple, l’homme dispose de l’objet nomade le plus puissant de son histoire : le smartphone. Sa technologie permet de repenser notre rapport à la ville, aux procédures démocratiques et à l’écologie. Il serait paradoxal que ce formidable outil soit le complice d’un asservissement d’autres hommes et femmes. Or, les directives européennes sur le respect des droits humains et de l’environnement sont encore trop timides, visant uniquement l’intégration des composants et non la production depuis la source.


Aujourd’hui, la Métropole Européenne de Lille souhaite devenir un territoire d’expérimentation pour une pratique vertueuse de la commande publique, soucieuse de la condition humaine et de l’environnement. D"ailleurs, un bon exemple : la préparation participative à la  candidature de notre territoire à Capitale Verte Européenne portée par Audrey Linkenheld et Martine Aubry nous a permis d'affirmer notre volonté d'associer innovation aux enjeux sociaux et environnementaux.


*Rapport « Gouvernance des politiques numériques sur les territoires » remis à Axelle Lemaire en 2014

** Rapport « Vers un modèle français des villes intelligentes partagées » Rapport à Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (Paris, 03.07.2018)

*** Tribune 10/06/2019 parue dans le Huffington Post par Dr Denis Mukwege Gynécologue-obstétricien et prix Nobel de la paix et Akim Oural Adjoint au Maire de Lille

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