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Le Gouvernement souhaite préparer une réponse au Libra de Facebook

Alors que depuis quelques temps, le projet Libra, la crypto monnaie de Facebook pour faire simple, soulève des questions techniques, réglementaires voire de confiance, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie se prononce dans un entretien à notre confrère La Croix pour la création d’une monnaie numérique publique gérée par les banques centrales, dont l’objectif serait de faire baisser le coût des transactions internationales.



Le ministre souhaite mener en octobre, lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, une réflexion pour créer une monnaie numérique publique émise par les banques centrales qui

« garantirait la sécurité totale des transactions, leur rapidité, leur simplicité et leur gratuité ».


Annoncé en juin 2019, le projet de Facebook de création en 2020 d’une monnaie cryptée, la Libra, qui se veut facile d’utilisation et capable de circuler dans le monde entier pour un coût quasiment nul, se heurte à l’hostilité des autorités monétaires. En juillet 2019, les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale du G7, réunis à Chantilly, se sont dits « préoccupés » par ce projet, craignant l’instabilité de cette monnaie pour les éventuels utilisateurs, mais aussi la fragilisation des pays dont les devises dont les plus instables.


Ainsi, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), avait déjà prévenu qu'il était hors de question de laisser des géants numériques développer des monnaies privées en dehors de toute réglementation, au vu des risques induits par de tels projets. Début août, les régulateurs en charge de la protection des données personnelles dans plusieurs pays ont tiré la sonnette d'alarme. Craignant des abus de la part de Facebook et de ses partenaires, ils ont rappelé que Libra ne saurait se développer « au détriment de la vie privée des utilisateurs ». Plus récemment, l'antitrust européen a commencé à enquêter sur la future cryptomonnaie.

« En tout état de cause, la France refuse qu'une entreprise privée se dote des moyens de la souveraineté d'un État », a ainsi précisé Bruno Le Maire.


N’étant pas opposé à « l’innovation financière » , il se prononce pour une monnaie cryptée publique à condition que cela ne se fasse pas « au détriment de la sécurité du consommateur ou de l’épargnant »: le ministre estime que cette monnaie numérique publique permettrait de devancer l’ensemble des projets portés par des acteurs privés et d’empêcher que des entreprises ne s’installent au centre du système monétaire international, aujourd’hui sous le contrôle des États. Par ailleurs, le ministre voit cette cryptomonnaie comme un moyen de paiement à l’international, permettant de faire baisser le coût des transactions et ouvrirait l’accès à des services financiers pour les ressortissants de pays en développement : soit certains des principaux arguments mis en avant par le consortium autour de Facebook pour promouvoir Libra Alors que les milieux bancaires et politiques font de plus en plus entendre leurs voix, aucun des partenaires du réseau social n'a encore pris la parole publiquement pour défendre le projet de cryptomonnaie, certains partenaires du géant américain, à l'instar de Visa, n’hésitant pas à pointer l'existence d'un problème d'image, obligeant même Facebook à déclarer à plusieurs reprise son intention de coopérer avec les régulateurs, les Etats et les banques centrales, affirmant que rien ne serait lancé sans leur feu vert.


Enfin, il est notable de voir que seul Facebook via sa filiale Calibra, a versé les 10 millions de dollars nécessaires à une participation officielle : "Nous sommes en discussion et notre décision définitive de devenir membre sera déterminée par un certain nombre de facteurs, notamment la capacité de l'Association à satisfaire à toutes les exigences réglementaires requises", a notamment précisé en juillet dernier Alfred F. Kelly, président-directeur général de Visa. Outre Bruno Le Maire, la commission d’enquête sénatoriale sur la souveraineté numérique, le gouverneur de la Banque de France, son homologue de la Banque d’Italie ou encore le patron de l’instance britannique de régulation de la finance ont également exprimé leurs réserves ou affiché une forte méfiance vis-à-vis de Libra, au regard du poids considérable qu’a Facebook pour imposer ses services et produits.


Jusqu’à Jerome Powel, le patron de la Fed faisant part de ses préoccupations quant à "la vie privée, le blanchiment d'argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière". Alors, la France peut-elle initier le projet d’une cryptomonnaie publique mondiale ?


La Rédaction