• La rédaction Du MAG !

Mounir Mahjoubi Une personnalité numérique que la France n'oubliera pas !

Pour faire suite à notre précédente parution : "Ces 100 élu(e)s qui font le numérique en France" nous avons décidés de partager quelques interviews que nous avons réalisées.

Le numérique, c’est un levier d’émancipation
Mounir Mahjoubi

Mounir Mahjoubi - Ancien secrétaire d'Etat au numérique - Député de Paris


1) Qu'est-ce que le numérique pour vous ?


Le numérique, c’est qui m’a permis d’être là où je suis aujourd’hui. Je suis tombé dedans tout petit, je n’en suis jamais sorti ! Le numérique, c’est un levier d’émancipation, un ascenseur social, un outil formidable au service des humains, du bien commun. Je lui dois beaucoup.


2) Ce journal est destiné aux collectivités, aux élu(e)s de la France entière avez-vous un message à faire passer pour la numérisation de nos communes ?


La transformation numérique, tout le monde doit en être acteurs, car c’est une opportunité pour tous et notamment pour les communes afin de développer plus de services et renforcer leurs liens avec les habitants. Mais c’est ensemble et en donnant des outils aux communes qui n’en ont pas, que la numérisation pourra avoir un réel impact. Les communes sont clefs parce ce qu’au-delà d’être des relais territoriaux, elles sont les metteurs en scène des politiques publiques : faire progresser l’accès au réseau là où il n’est pas encore arrivé, renforcer les outils numériques et former aux usages la population.


3) A l'heure ou 13 millions de Français ne savent pas utiliser internet, avez-vous le sentiment que tout est allé trop vite ? Qu’allez-vous mettre en place pour accompagner l'inclusion numérique ?


Internet a commencé à se démocratiser dans les années 90, cela fait une trentaine d’années que les usages se développent et s’immiscent dans notre quotidien. Je n’ai donc pas le sentiment que tout est allé trop vite, en revanche, il faut suivre les usages et s’attacher à accompagner celles et ceux qui en sont encore trop éloigné. Aujourd’hui, 1 Français sur 5 ne sait pas se servir des outils numériques et il est important de les identifier. Comme annoncé le 19 juillet par le Président de la République, on va continuer à numériser mais aussi à réhumaniser, c’est-à-dire être là pour identifier ceux qui en besoin, les aider, les accompagner et les former au numérique. Etat, collectivités territoriales, associations, acteurs de la médiation numérique et du travail social, administrations et entreprises, tous se sont mobilisés pour relever ce défi majeur et élaborer un plan d’action national pour un numérique inclusif. Nous l’avons présenté le 13 septembre dernier avec une ambition claire et plusieurs actions importantes.


Parmi les actions prioritaires, la généralisation du pass numérique, qui permettra aux personnes d’être formées, pendant 10 à 20h, tout en consolidant le modèle économique des acteurs de la médiation numérique.  Un amorçage de 10 millions d’euros de l’Etat doit faire effet levier, pour atteindre un co-financement avec collectivités territoriales, via la sollicitation de fonds européens notamment, et opérateurs afin de former 10% de la population dès 2019. L’objectif étant d’atteindre 1,5 millions de personnes formées par an en 2020 et les années suivantes.


Il est également nécessaire de structurer les acteurs de la médiation numérique afin de s’assurer que partout en France on dispose d’une offre de formation adaptée. Un appel auquel la Banque des Territoires a répondu en mobilisant 5 millions d’euros pour faire émerger des « hubs », centres ressources dans les territoires, en capacité de recenser, de former, d’outiller et de consolider les forces en présence.

Et pour les personnes qui ne pourront pas suivre ce parcours, ceux qui ne pourront pas être formés, à savoir les plus âgées ou ceux qui ne maitrisent pas la langue, on s’assurera qu’il aura toujours un accueil humain. Un effort particulier sera fait pour outiller et former ceux, qui souvent depuis des années, aident ces concitoyens en difficulté numérique : médiateurs numériques, bibliothécaires et bien sûr travailleurs sociaux.


4) Pouvez-vous réaffirmer la volonté du gouvernement qui consiste à vouloir fibrer entièrement notre territoire d'ici 2022 ?


Absolument, c’est l’une des priorités du gouvernement. Pas d’inclusion numérique sans couverture de l’ensemble du territoire. Des engagements avec les opérateurs sur le Très Haut Débit ont été obtenus et ces engagements les obligent à investir près de 3 millions complémentaires pour le déploiement de plusieurs milliers de nouveaux piliers. Suite à une identification par les collectivités locales, une liste de 485 premiers sites a été dévoilée pour que ces poteaux soient installés par les opérateurs dans les zones les moins couvertes.

L’action qui a été mise en place est guidée par deux principes forts. D’abord, la cohésion : pour résorber la fracture territoriale et garantir à tous les Français un accès au bon haut débit, ainsi qu’une couverture mobile de qualité permettant l’ensemble des usages de la 4G d’ici 2020. Ensuite l’ambition : pour assurer l’attractivité et garantir à l’ensemble des territoires des infrastructures numériques de pointe permettant l’accès au très haut débit d’ici 2022.


5) Perçu généralement comme étant une contrainte car investissement humain et financier, En quelques lignes pouvez-vous nous expliquer l'intérêt du RGPD ?


Le RDGP c’est le règlement général sur la protection des données et ce règlement permet aux citoyens de retrouver le pouvoir sur leurs données. C’est désormais à eux de décider ce que l’on peut savoir sur eux ou non. C’est une révolution car pendant longtemps c’était aux utilisateurs de s’adapter aux règles des plateformes, c’est enfin au tour des plateformes de s’adapter aux règles de la démocratie. Cette loi permet une vrai prise de conscience.


6) En quoi le numérique est-il un enjeu important pour le gouvernement ?


Parce que le numérique est partout et dans un monde de plus en plus connecté qui se tourne vers le développement des véhicules autonomes, des opérations chirurgicales à distances ou encore des objets connectés, le numérique est indispensable. L’idée n’est pas de remplacer l’homme par les machines mais de mettre des machines performantes au service des hommes. Cela va permettre de libérer du temps pour des tâches plus intéressantes, moins répétitives, d’apporter un meilleur accès à l’information, de mieux soigner, de travailler à distance etc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, par exemple : une entreprise française qui s’engage dans la transformation numérique a trois fois et demie plus de chance d’exporter que la moyenne des PME françaises.


Pour la transformation de l’Etat et de nos politiques publiques, le numérique et la sécurité numérique sont des enjeux majeurs également. C’est pour répondre à cette urgence que nous souhaitons renforcer le dispositif France Connect afin que chaque citoyen puisse accéder à toutes ses données d’ordre administratif et à tous les services publics sur une seule et même plateforme. Ça fait des papiers en moins à remplir et des dossiers en moins à constituer, cela permet d’avoir une vision d’ensemble de sa situation et surtout, cela permet de fluidifier les échanges entre les agents du service public.

Les enjeux ne sont pas seulement économiques, ils sont avant tout humains.


*NB nous précisons à nos lectrices et lecteurs que cette interview fût rédigée alors que Mounir Mahjoubi était secrétaire d'Etat en charge du numérique


Nous allons vous partager d'autres interviews de nos 100 élu(e)s qui font le numérique en France, soyez la !

L'équipe du Mag !




Le Mag des Territoires Numériques

1er Partenaire média des collectivités numériques de France 

E-mail: contact@lemagdesterritoiresnumériques.com

Tél: 02 46 91 08 57

Adresse : 331 rue d'Alsace, 45160 Olivet

La rédaction est joignable du

Lundi au Vendredi : 

De 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00

Recevez nos actus !