1. Cartographier les besoins et les usages réels
La phase de diagnostic est fondamentale : nombre de démarches réellement utilisées, freins rencontrés, profils des usagers… À Lille, l’audit réalisé en 2020 a permis de constater que 70% des démarches dématérialisées concernaient moins de 30% des usagers (!), et d’ajuster la priorisation des efforts de développement vers les démarches à fort impact social (Ville de Lille).
2. Associer systématiquement les utilisateurs
La co-construction, via des ateliers d’usagers, des tests avec des agents et des citoyens “sentinelles”, est un levier redoutable pour concevoir des démarches claires et ergonomiques. L’exemple du portail numérique de la Métropole de Lyon, conçu avec plus de 200 volontaires, a mis en avant de nombreuses difficultés d’accès (langage technique, étapes jugées inutiles).
3. Former et accompagner, partout et tout le temps
- Des aides à l’utilisation (chats, permanences numériques, tutoriels vidéo). Le réseau des conseillers numériques (plus de 4000 en France, source : conseiller-numerique.gouv.fr) apparaît comme un pilier.
- Des dispositifs “aller vers” (bus France Services, points de médiation dans l’espace public, médiathèques connectées).
À Guéret ou dans le Béarn, des bus itinérants équipés et animés accompagnent chaque mois des centaines de personnes, rompant l’isolement numérique dans les zones rurales (France Bleu).
4. Penser irritants : simplicité, accessibilité, sécurité
- Rendre les sites compatibles avec les standards d’accessibilité (RGAA).
- Limiter les pièces justificatives à fournir : expérimentation “Dîtes-le nous une fois” dans plusieurs régions.
- Assurer la sécurité “by design” : connexion par FranceConnect, alertes en cas d’anomalie, respect du RGPD.
Les démarches “100% smartphone” sont désormais un standard attendu, mais elles doivent être testées sur l’ensemble des terminaux populaires et adaptées au grand âge (taille des boutons, simplicité des écrans…).
5. Mesurer en continu, adapter, corriger
La logique de l’évaluation continue : taux de réussite, retours utilisateurs, difficultés remontées. Plusieurs villes comme Nantes ou Besançon pilotent leurs portails avec des tableaux de bord publics affichant les délais moyens et le taux de satisfaction (source : Ville de Nantes).